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Le blog de Clotilde Escalle
Articles récents

Quelle époque

16 Janvier 2012 , Rédigé par Clotilde Escalle

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Il est difficile finalement de trouver sa place, d'élargir le champ sans cesse, de vouloir vivre comme si l'on avait trois cents ans devant nous, dans une société qui nous condamne au loisir, à la maladie ou à la consommation. Il est difficile de sortir de l'étau - suées et cauchemars - pour aller où? - planète toute petite. Alors un espace intérieur où la flèche atteint sa cible, où le vol des canards sur un paravent figure l'immensité... avec l'ennui pour aller au bout de l'imaginaire, et de l'encre comme du sang dans les veines.

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Petite topographie

14 Janvier 2012 , Rédigé par Clotilde Escalle

“Quand on vient de Chavirat on a à droite d’abord le café du Cygne qui fait l’angle avec l’ancienne cordonnerie Chinze, c’est un petit magasin de chaussures maintenant installé par Topiron une succursale de son commerce d’Agapa il a fait une vitrine en plastique et repeint tout l’extérieur en gris clair, la maison a deux étages d’habitation et un toit d’ardoise très en pente elle est vieille pas carrée elle a la forme de la rue et de la place si vous voyez disons plus écartée sur la place avec des volets verts, et le Cygne a été repeint en rouge ils ont laissé la vieille enseigne en fer forgé simplement repeinte en noir c’est un cygne dans un rond suspendu à une équerre. Monnard n’a jamais fait de transformation à son café je l’ai dit il habite au-dessus sur la place, madame Monnard a toujours des pots sur ses fenêtres…″

 

(L’Inquisitoire, Robert Pinget, Editions de Minuit, 1986)

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Pour Noël

15 Décembre 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

DRPour Noël, cela pourrait être Colette, son musée, sa voix, ses yeux, ses chats, Saint-Sauveur... Cela pourrait être les mares et les étangs, ce brouillard des jours et des nuits, Paris en arrière-plan du fond de l'Yonne, cela pourrait être des mots, mais surtout de la gourmandise. La tranquillité du temps qui passe, ces soirées si délicieuses, la lecture tout au fond des plumes, tout ça à la fois...

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Bal

26 Novembre 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

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 Il y a toujours eu des photos déchirées à la maison. La même vieille rengaine du bal. Surtout ne pas laisser le souvenir d’un instant de grâce, en supposant que celui-ci eût pu avoir lieu. Mère taillait à vif dans la photo et père avait une drôle d’allure, tout seul, les bras levés dans le vide, la silhouette de son épouse ayant tout simplement disparu. Mais il leur arrivait d’accorder leurs pas.

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Ecriture

18 Novembre 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

« Le premier roman, petit mongol d’écriture stagnante, avait été un échec. Mais c’était de cet avatar qu’étaient nés les autres. Et eux-mêmes n’en amenaient que de plus terribles encore, comme s’il ne pouvait y avoir ni fond ni fin dès qu’on avait trouvé le premier mot. C’était cela, la vérité : on était enchaîné et ce qui n’avait pu être qu’un jeu s’était vertigineusement transformé en un enjeu qui ne pouvait que vous conduire tout droit à la mort, vos personnages continuant de raboter en vous, même une fois assassinés d’un trait de plume. Il n’y avait pas de solution à l’écriture sinon celle de continuer et de continuer à noircir des pages, question de noyer le poisson en soi. Mais cela n’arrivait pas, ne pouvait arriver. Cela aurait été trop simple et Abel avait rapidement compris qu’il n’en allait jamais ainsi : plus on écrivait et plus on se sentait obligé d’écrire, et moins on comprenait ce qui se passait en soi et hors de soi, comme si tout finissait par se brouiller, le rêve et le réel. »

 

(Don Quichotte de la Démanche, Victor-Lévy Beaulieu, Editions Trois-Pistoles, 1998)

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Voyage ordinaire en Sévétie

23 Octobre 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

DRBerk. Berk. Berk. Fait l’enfant qui sait déjà en découpant des morceaux d’abeille c’était la Comtesse de Ségur souvenez-vous et la mère de la petite Sophie affairée à couper son abeille la mère la surprend. Puisque c’est ainsi lui a-t-elle dit pour te punir tu porteras ces morceaux d’abeille en collier jusqu’à ce qu’ils tombent en poussière. La mère prend le temps de sa punition. Elle trouve un lacet elle enfile les morceaux d’insecte comme des perles. Voilà c’en est fini de l’enfance de cette supposée enfance voilà comment on apprend que c’est fini désormais tous les miroirs toutes les flaques d’eau tous les étangs ne reflèteront qu’un visage étrange étranger des yeux comme des abîmes.

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Sans un mot

30 Août 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

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Disparue. Volatilisée. De nos vacances avec grand-mère, ne restaient plus que la chaise dans laquelle elle avait passé le plus clair de son temps, et le napperon qu’elle avait pris la peine de confectionner. Puis plus rien. Elle est partie sans un mot, marque de son plus haut mépris, ses lunettes aux verres fumés de dictateur sur le nez. Grand-mère ne supportait pas de vieillir, elle avait encore du désir, en particulier pour Tom Jones.

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"Images-lucioles"

3 Août 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

« Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons, pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes – en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur – devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensées à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle. » 

                                              

(« Survivance des lucioles », Georges Didi-Huberman, Editions de Minuit, octobre 2009)

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Vestiges d'une chorégraphie

21 Juillet 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

IMG 0449 - CopieMère me déposait au cours de danse, puis elle retournait à sa colère. Potiches et costumes jetés par la fenêtre. Bureau et piano, tout y passait. Les raisons d'un tel comportement? Sa vie manquait cruellement d'érotisme.

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Révélation

29 Juin 2011 , Rédigé par Clotilde Escalle

Il a fallu toutes ces années pour comprendre que cette mise à l'écart était une solitude vomie chaque jour. Une solitude qui m'obligeait à attendre un quelconque signe d'affection, une lettre, un appel téléphonique, une invective même. Puis ce sentiment s'est transformé en une compagnie pleine, celle de l'être au creux de soi-même, dans le silence, le temps comme un point. C'est là une belle solitude, gourmande et délicieuse à la fois.

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